DUCOURNEAU Jean, Emile

Jean DUCOURNEAU naît le 29 janvier 1922 à Marsillargues, dans le département de l’Hérault. Il est le fils de Jean Marie Émile DUCOURNEAU et de Clémie Marie Rose VILLARET.
Son père décède à Bayonne le 28 novembre 1938 des suite d’une complication de blessures liées à la première guerre mondiale.

Jean s’engage dans l’Armée de l’air dès le 20 septembre 1939 pour la durée de la guerre. Dirigé vers l’école de pilotage de Tarbes, il est affecté le 1er février 1940 à l’école de pilotage n° 38 de Dax en qualité d’élève pilote et nommé caporal-chef le 1er avril.

Refusant de se soumettre à la convention d’armistice franco-allemande signée le 22 juin 1940, il décide de quitter le camp sur une motocyclette dont il s’était emparé. Il gagne ensuite Saint-Jean-de-Luz pour essayer de s’embarquer vers l’Angleterre. Malheureusement, il est pris par les gardes mobiles pendant qu’il adressait la parole à un officier polonais. Il réussit toutefois à aller jusqu’à Hendaye. Mais il ne peut monter sur un bateau et se résigne à retourner à DAX. Il est emprisonné, mais rapidement libéré.
Le 23 Juin, il réitère et rejoint Saint jean de Luz, où après des démarches auprès d’autorités anglaises et polonaises, il parvient, revêtu de l’uniforme des troupes polonaises, à se mêler à elles et à embarquer sur le paquebot à vapeur anglais ETTRICK dans le cadre de l’opération ARIEL ou AREAL.
Parvenu en Angleterre et débarqué à Plymouth le 30 juin, il s’engage dans les Forces françaises libres. Après un court passage sur la base de la Royal Air Force de Saint-Athan, où il arrive le 17 juillet, il est affecté à l’École élémentaire de pilotage franco-belge d’Odiham. Le 2 novembre, par voie de changement d’arme, il est affecté à l’Infanterie de l’air et rejoint le 15 janvier 1941 la 1ère Compagnie d’Infanterie de l’Air du Capitaine BERGE à Camberley.

Le 24 juillet 1941, le caporal-chef Jean DUCOURNEAU embarque avec son unité à destination du Moyen-Orient et arrive à Beyrouth le 14 septembre.
L’unité devient sur place le peloton des parachutistes du Levant. Là, sur sa demande, il est réaffecté à l’aviation sur la base aérienne de Damas. Nommé sergent le 1er janvier 1942, breveté pilote militaire le 21 avril, nommé sergent-chef à compter du 1er octobre 1943, il est affecté en décembre à la Compagnie administrative n° 2 de Damas. Répondant à une nouvelle organisation, il est affecté le 1er janvier 1944 à l’Escadrille de police et de sécurité « Picardie ».
Le 13 janvier 1944, l’avion à bord duquel il vole, le « Bristol Blenheim Z7842 » fait un atterrissage forcé à l’est de Damas, à la suite d’une panne. L’avion est détruit, mais l’équipage est indemne.
Avec son unité, il gagne Palmyre à compter du 24 février, puis fait mouvement sur Rayack (Liban) et enfin Damas. En août, alors qu’il est nommé sous-lieutenant de réserve à titre temporaire, cadre du personnel navigant, il rejoint l’état-major à Beyrouth, en vue d’une mise en route vers l’Afrique française du Nord.

Le sous-lieutenant Jean DUCOURNEAU est affecté en septembre 44 au Centre d’instruction dépôt des équipages multimoteurs, sur la base aérienne 707 de Marrakech au Maroc. Du 25 octobre 1944 au 5 février 1945, il effectue un stage d’instruction sur avion multimoteurs. Puis il est détaché au centre d’instruction Glenn-Martin B-26 Marauder, à Djedeida en Tunisie, du 1er mars au 5 mai.
Ainsi qualifié multimoteurs, il gagne le 8 mai 1945 la base aérienne 113 de Saint-Dizier où il est affecté au Groupe de bombardement moyen II/63 « Sénégal ».

(Présent sur cette base depuis le 20 mars et intégré dans la 34e Escadre de bombardement, le II/63 « Sénégal » prend part à la réduction des poches de Royan et de la pointe de Grave en assaillant des batteries d’artillerie et des ouvrages ennemis. A la fin des hostilités, l’unité participe au rapatriement des prisonniers de guerre français en Allemagne.)

Le 6 Décembre 1945, le B-26 Marauder code opérationnel 32, du Groupe de bombardement moyen II/63 "Sénégal" décolle du terrain de Lyon-Bron et rejoint sa base en Allemagne, dans le cadre d’une mission de rapatriement des prisonniers de guerre.
Sont à bord de l’appareil :
 capitaine Fernand CONDETTE, pilote
 sous-lieutenant Jean DUCOURNEAU, pilote
 sergent Aimé ESERIVA, radio
 sergent Robert RADANO, mécanicien
 sous-lieutenant Jacques MARGUIN, passager
 adjudant-chef Marceau AUDIBERT, passager
 sergent-chef Edouard BARBARE, passager.
Pour une raison indéterminée (givrage carburateurs, panne d’instruments de bord ?), le pilote tente un atterrissage forcé dans le secteur de Valempoulières, dans le département du Jura. D’après certains témoignages, il y a un fort vent qui soulève des nuages de neige poudreuse. La visibilité est quasiment nulle et l’avion percute le sol, s’enflamme et explose Tous les occupants de l’appareil périssent dans l’accident.

Une stèle est érigée à l’endroit du crash.
Selon ses dernières volontés et fidèle à la devise des F.A.F.L, il souhaitait être enterré là où il tomberait. « L’étoile te guide, les ailes te portent »
Il repose désormais loin de sa famille, au cimetière de Poligny, à quelques kilomètres d’où les ailes ne l’ont plus portées.
Le tour de sa tombe, sa croix, auraient été découpés dans le fuselage de l’avion, le tout peint en blanc. Le blanc représenterait l’esprit candide et l’esprit d’idéal de Jean (ce dont je suis persuadé).
Son nom est désormais inscrit sur le monument aux morts de Bayonne.

Il est titulaire de la croix de guerre 39/45 et de la médaille commémorative des services volontaires de la France Libre.

Un dossier est en cours d’étude afin que lui soit décernée la croix du combattant volontaire de la résistance à titre posthume.

Lieux de mémoire

Publiée le , par Vigie, mise à jour

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Sources - Liens

Service historique de la Défense, GR 16P 196804

Biographie réalisée par le Capitaine ROBIN Sébastien, membre du Souvenir français