CARRE Gilbert

Gilbert Carre naît le 12 novembre 1922 à Casablanca (Maroc).
Il est le fils de Numa Maurice et de Julie, Françoise.

En 1941, il réside à Chebli, dans le canton de Boufarik (département d’Alger) où il exerce la profession de cultivateur.

L’ENGAGEMENT

Le 20 février 1941, Gilbert Carre, âgé de 19 ans, intègre, comme engagé volontaire, pour quatre ans, la base aérienne de Blida en Algérie, Dépôt n°201. Il est soldat de 2e classe.

Après son temps de formation à Relizane, il est affecté à la Compagnie d’infanterie de l’air n°1 à Oued-Smar le 1er juillet 1941.
Deux ans plus tard, le 4 juin 1943, Gilbert est affecté au commandement de l’Air en AFN.
Le 1er juillet 1943, il est nommé caporal.

Suite au débarquement des Alliés au Maroc et avec l’ opération Torch, son unité bascule dans les FFL.
Gilbert Carre rallie les FFL le 4 juin 1943 et est affecté au groupe de bombardement Bretagne à Ben Gardoua.
Il rejoint le 3e B.T.A à Tripoli et le 6 juin 1943, il signe un contrat d’engagement pour la durée de la guerre au 3e BIA. Il y retrouve d’autres parachutistes.

L’ ANGLETERRE

Le 23 octobre 1943 à Alger, avec ses camarades du 3e BIA, Gilbert Carre embarque direction la Grande-Bretagne.
La traversée s’effectue à bord du RMS Samaria qui est intégré au sein d’un convoi de 57 navires (MKF.25) qui à quitté Port-Saïd le 17 octobre et est arrivé à Clyde le 4 novembre 1943.
Il débarque à Liverpool et est dirigé sur Camberley le 8 novembre 1943.
À Auchinleck, il est affecté à la 3e compagnie du 3e BIA.
Gilbert Carre y suivra l’entraînement intensif commando et sera breveté parachutiste à Ringway.
Il est affecté au 3e Squadron du 3th S.A.S sur la base secrète de Fairford dans l’attente du départ en mission sur le sol de France.

OPÉRATION DICKENS

Le parachutage à Somloire de la 3e compagnie du 3e R.C.P est décidé.
Le 6 juillet 1944 avec le Stick n°6, commandé par le sergent-chef Michel Gervais, Gilbert Carre est parachuté au Bois d’Anjou, en Maine et Loire.

Il raconte les sabotages dans le Choletais :

" Le stick est scindé en deux groupes, un commandé par Michel Gervais, l’autre par moi qui suis son adjoint.
En ce qui me concerne, avec mon groupe, nous avons quitté le Bois d’Anjou dès notre arrivée au sol, après avoir enterré nos parachutes.
Dans la nuit, nous avons pris la direction de l’étang de Péronne où nous nous sommes camouflés afin d’observer la région et mettre au point nos futures missions de sabotage.
Nous avions reçu l’ordre d’éviter tout accrochage avec l’ennemi car notre effectif réduit ne nous permettait pas de nous mesurer à des unités allemandes dotées d’une puissance de feu supérieure à la nôtre.

Nous avons pris ensuite la direction de Trémentines et eu un contact avec le commandant FFI Vacquier, chef de la Résistance de la région.
Sur un renseignement de sa part, j’ai saboté, en compagnie de Daniel Gauci, la voie ferrée de Cholet à Angers.
Un train de DCA devait emprunter cette voie pour se rendre à Angers en vue d’assurer la défense de cette ville contre l’armée américaine.
Ce convoi n’a jamais atteint Angers."

Gilbert Carre est alors hébergé avec ses hommes chez un résistant trémentinais, Gilbert Morille, à la ferme de Lavau où se trouve également un poste émetteur-récepteur du réseau Cahors-Asturies. Le résistant craint que cet appareil soit découvert par les Allemands.

"J’ai ensuite procédé à la destruction d’un poste de repérage radio allemand situé à la Boulinière de Cholet. Cet appareil avait un rayon d’action d’environ cent-vingt kilomètres. Il était à même de détecter des nids de résistance en contact radio avec Londres ainsi que les survols du territoire par l’aviation alliée.
Douze allemands gardaient ce poste.
Bilan de l’action : dix soldats allemands tués, deux blessés graves qui décèderont à l’hôpital de Cholet. Une femme qui se trouvait dans le baraquement a été tuée par une grenade. Une autre, surnommée "bras de fer" a été grièvement blessée.

Afin d’éviter que les Allemands se vengent de ces destructions sur la population civile, nous avons alors décidé de cesser momentanément toute activité et de nous réfugier quelques jours dans un lieu sûr. Dom Sortais, le supérieur de l’abbaye de Bellefontaine a accepté de nous accueillir.
Un brigadier de police nommé Meunier, en tenue, nous a conduit de la ferme de Lavau à Trémentines à l’abbaye à Brégolles-en-Mauges, avec une Traction du commissariat de Cholet.
Étaient du voyage :
Treboz, Murati Antoine, Gauci Daniel et moi-même."

Avec les résistants des Deux Sèvres.

" Le 12 août, nous avons reçu l’ordre de rejoindre la ferme de la Crépelle près de Cerizay où le colonel Fournier nous chargeait de l’entraînement d’une centaine de jeunes résistants qui s’y étaient rassemblés. Le 14 août, le Stick n°6 était au complet sur les lieux pour apprendre à ces jeunes le maniement des armes qui leur avaient été parachutées le 10 août, et les initier sommairement aux futurs combats qu’ils auraient à subir et à livrer.
Avec leur aide, nous avons tendu des embuscades sur les routes de Bressuire, Pouzauges, Mauléon, Moncoutant.
Tous étaient animés du même désir de combattre l’oppresseur et de participer à la libération de leur pays.
Les groupes constitués d’une dizaine d’hommes étaient commandés par un parachutiste SAS.
Une vingtaine d’actions de sabotage et de harcèlement en l’espace de douze jours ont provoqué l’insécurité chez les Allemands au point qu’ils se vengèrent en fusillant d’innocentes victimes parmi la population et en incendiant Cerizay et Montravers.
Les parachutistes SAS Hadj Joseph et Schmidt Pierre, l’un blessé grièvement et décédé à l’hôpital de Bressuire, l’autre blessé au combat et exécuté par les Allemands à Montravers payèrent de leur vie les représailles allemandes contre notre harcèlement de leurs troupes.

Le 23 août 1944, nous recevons l’ordre de quitter La Crépelle et de nous disperser dans la nature.
En accomplissant une dernière mission le 28 août, j’ai été blessé à la jambe (triple fracture du tibia) lors d’un accident d’auto aux environs de Cerisay dans les Deux-Sèvres.
Hospitalisé à Mauléon puis à Cholet, j’ai pu assister à la libération de cette ville avec une jambe dans le plâtre. Mais cela a été pour moi une joie de voir la population choletaise fêter sa libération."

Blessé en opération, Gilbert Carre rejoint le régiment le 18 décembre 1944 et part en permission de trois mois. Il est démobilisé le 26 septembre 1945.
Il est nommé sergent de réserve le 1er janvier 1946.

Gilbert Carre revenu en Algérie après la guerre s’engage à nouveau en 1955 à Constantine (Algérie) et sert dans l’Armée française jusqu’en 1962.

Gilbert Carre s’est éteint le 3 décembre 2019 à l’âge de 97 ans.

Publiée le , par CH11, mise à jour

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Sources - Liens

Service historique de la Défense, GR 16 P 108284
Site Web de la Mairie de Somloire Lien