DERRY

La 2e compagnie du 3e RCP saute sur le Finistère

Les objectifs

Lorsque les Américains percent le front à Avranches début août 1944, l’état-major allié déclenche l’insurrection générale des résistants en Bretagne et décide d’envoyer des parachutistes dans l’ouest de la péninsule. Le but est de préserver les ponts, viaducs et voies ferrées afin de faciliter l’avance des colonnes blindées américaines vers les villes et les ports, tout en aidant la Résistance à ralentir la retraite allemande vers Brest.
Le 4 août, le général McLeod rédige l’ordre d’opérations n°39 fixant les objectifs et les grandes lignes de l’opération Derry.

La mission

Les 88 français de la 2e compagnie du 3e SAS, commandée par le capitaine Pierre Sicaud, sont largués dans la moitié nord du Finistère pour aider à dégager la route vers Brest, l’objectif principal. Parachutés en 8 sticks dans la nuit du 4 au 5 août, ils n’auront que quelques jours pour mener à bien leurs missions avant l’arrivée de la 6e division blindée de l’US Army. Opérant dans un secteur allant du nord de Brest à l’est de Morlaix, ils réussiront à atteindre leurs objectifs en réalisant même plusieurs coups d’éclat.

L’opération est divisée en trois volets.
Dans le secteur de Gouesnou – Lesneven – Lanhouarneau, les 5 sticks de Derry 1 permettent la destruction d’un convoi d’artillerie et un bombardement précis de la base de sous-marins de Brest.
Près de Morlaix, le seul stick de Derry 2 libère la ville de Carantec le 9 août.
Derry 3 comporte 2 sticks. Celui du lieutenant Tupët-Thomé attaque la Kommandantur de Daoulas puis se livre à plusieurs embuscades avant de libérer Landerneau le 11 août.

Bilan

En 7 jours d’opérations, la compagnie déplore 4 tués : Lucien Rotenstein, Guy Guichard, Georges Roger et André Briguet. Le rapport du capitaine Sicaud évalue à une centaine de tués et 200 prisonniers les pertes allemandes. De nombreux véhicules, chars, canons et matériels ont été détruits ou capturés, et 5 villes ont été libérées par les SAS. Après la mi-août, ceux-ci rentrent en Angleterre pour une courte permission avant de sauter à nouveau dans le Doubs pour l’opération ABEL.